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Ces champions français qui surfent sur la vague de l'IA 🇫🇷

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Ces champions français qui surfent sur la vague de l'IA 🇫🇷

#198 Notre sélection d’actions françaises qui profitent de l’IA

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Xavier, Loris & Abdallah

Ces champions français qui surfent sur la vague de l'IA 🇫🇷

On entend souvent dire que l’Europe a “raté” la révolution de l’intelligence artificielle, faute d’un champion de la taille de Nvidia, Microsoft ou OpenAI.

Cependant, derrière chaque modèle qui tourne, il y a une infrastructure physique colossale à construire. Des matériaux semi-conducteurs aux lasers qui transportent les données entre GPU, en passant par les serveurs, l’électricité et le refroidissement des data centers, c’est tout un écosystème de pelles et de pioches qui capte aujourd’hui une part énorme de la valeur.

Et là, surprise : la France héberge plusieurs des meilleures performances boursières européennes de 2026 liées à cette thématique.

Performance depuis le début de l’année

Mais encore faut-il distinguer les acteurs portés par un simple emballement narratif de ceux dont les preuves financières confirment réellement le statut de gagnants.

Dans cette newsletter, nous vous proposons une présentation de 5 valeurs françaises de l’IA que nous trouvons particulièrement intéressantes, du géant du CAC 40 à la small cap qui s’envole.

STMicroelectronics : le réveil du poids lourd

Impossible de commencer ailleurs. Le fabricant franco-italien est tout simplement la meilleure performance de notre classement des valeurs IA françaises en 2026, avec un titre qui s'est envolé d'environ 180 % sur l'année.

Performance depuis le début de l’année - STM

Longtemps perçu comme un acteur surtout exposé à l’automobile et à l’électronique grand public, deux marchés en pleine traversée du désert, STM a opéré un virage spectaculaire vers les data centers.

Sur ce segment, le groupe vise désormais un chiffre d’affaires d’environ 1 milliard de dollars en 2026, contre “confortablement plus de 500 millions” initialement. Et STM vise déjà plus de 2 milliards de dollars dès 2027, soit une multiplication par 10 en l’espace de 24 mois.

Le secret de cette croissance ? La photonique sur silicium, une technologie qui permet de relier les serveurs d’IA via la lumière plutôt que le cuivre. Grâce à cette technologie, qui séduit l’ensemble du secteur, Nvidia en tête, STM a sécurisé plus d’un milliard de dollars de commandes liées aux data centers, dont une part importante provient justement de ces composants optiques.

⚡️ À SAVOIR 

La photonique sur silicium remplace les connexions électriques en cuivre par des connexions optiques, via des lasers.

Résultat : elle permet de faire circuler des volumes massifs de données entre les puces, tout en réduisant fortement la consommation d’énergie. Dans un monde où l’IA explose, ce gain devient critique.

En revanche, après une telle envolée, la valorisation s’est nettement tendue. L’activité historique, notamment dans l’automobile et l’industriel, demeure en difficulté. La croissance attendue au niveau du groupe reste donc limitée, et nous sommes encore loin de retrouver les niveaux de 2022 et 2023. Cela peut poser question sur la valorisation, alors que le dossier se paie actuellement plus de 30 fois les bénéfices attendus pour 2027.

Soitec : le pari sur les matériaux et la photonique

Leader mondial des matériaux semi-conducteurs innovants, basé à Bernin, en Isère, Soitec illustre parfaitement une thèse à deux temps : un cœur de métier en pleine correction et un relais de croissance qui commence à prendre le relais.

À première vue, les chiffres de l’exercice 2025-2026 sont catastrophiques, avec un chiffre d’affaires de 592 M€, en recul de 34 %, plombé par la correction prolongée des stocks chez les clients RF-SOI dans les smartphones et par la faiblesse de l’automobile. Et même pire, le résultat net a même plongé dans le rouge.

Mais alors, pourquoi le marché s’emballe-t-il à propos de Soitec ?

Encore une fois, c’est la photonique qui suscite toutes les convoitises. En effet, l’activité photonique de Soitec a franchi pour la première fois le cap des 100 M$, plus tôt que prévu, directement portée par les data centers IA. Surtout, Soitec a livré une première confirmation explicite sur les CPO (co-packaged optics), ces substrats optiques de nouvelle génération qui seront au cœur des futures architectures de calcul.

Cependant, même si Soitec est sûrement l’un des acteurs européens les mieux positionnés sur le narratif de la photonique et des CPO, il faut rester réaliste. La photonique ne représente encore qu’environ 20 % de son chiffre d’affaires. En clair, même avec une forte croissance de 30 à 40% sur l’exercice 2026, le groupe est encore loin d’afficher des niveaux de croissance suffisants pour justifier l’euphorie qui entoure le dossier.

Ainsi, d’un point de vue financier, il faudra surtout se concentrer sur le rebond des ventes dans l’activité historique de Soitec, notamment les smartphones et l’automobile, sur les deux à trois prochaines années.

Par ailleurs, lorsqu’on regarde l’évolution du cours, on comprend que le marché espère une forte croissance des bénéfices dans les années à venir. Mais, même en 2028, il semble difficile d’espérer un bénéfice par action supérieur à 2 euros. Cela correspondrait à un PER de plus de 70 fois, un niveau qui nous semble difficile à justifier.

Performance depuis le début de l’année - Soitec

En clair, il est probable que le redressement de Soitec ne soit pas terminé, mais le dossier reste très cyclique. Et surtout, investir à ces niveaux de prix revient davantage à parier sur l’exécution et sur le narratif de la montée en puissance de la photonique que sur du concret. Nous pensons qu’il y a mieux à faire sur d’autres dossiers, avec moins de risques.

Bien sûr, cela ne veut pas dire que Soitec va forcément baisser, mais simplement que le couple rendement/risque ne nous paraît pas pertinent.

2CRSi : la fusée strasbourgeoise du serveur IA

S’il fallait désigner la valeur la plus étroitement liée à l’IA de la cote parisienne, ce serait sans doute 2CRSi. Fondée en 2005 à Strasbourg, l’entreprise conçoit des serveurs haute performance capables d’accueillir un très grand nombre de GPU, avec une spécialité maison : le refroidissement liquide et par immersion, notamment avec les gammes Godì et le serveur biphasique Atlas.

En clair, si l’IA était une voiture de Formule 1, Nvidia en concevrait le moteur, tandis que 2CRSi construirait le châssis et le système de refroidissement ultra-sophistiqué qui lui permettrait de tourner à plein régime sans exploser, tout en consommant le moins d’énergie possible.

Aujourd’hui, l’énergie et la dissipation thermique sont devenues le défi numéro un des data centers IA. 2CRSi se positionne donc comme un bon élève sur la niche du refroidissement liquide, un marché d’environ 5 milliards de dollars, attendu en croissance d’environ 25% par an jusqu’en 2029.

Les chiffres donnent le vertige : un chiffre d'affaires semestriel multiplié par près de 10 (204,7 M€ au S1 2025-2026), un carnet de commandes plein avec une commande de 290 M$ en Californie (équipée de GPU Nvidia Blackwell), un contrat de 140 M€ pour le Japon, des projets au Moyen-Orient et en Asie, ou encore une participation au consortium ÆTHER autour d'une gigafactory d'IA.

Ce qui plaît le plus au marché, c’est que le groupe a relevé ses objectifs à plus de 400 M€ cette année, puis vise 1 milliard d’euros sur l’exercice 2027, sans faire appel au marché. Cela rassure les investisseurs sur sa capacité à autofinancer cette croissance.

Si vous pensez que le refroidissement et que la souveraineté technologique européenne reste des enjeux importants pour les années à venir, il est bien possible que 2CRSI soit un dossier intéressant à suivre.

Schneider Electric : nourrir et refroidir les usines d'IA

Cette fois-ci, nous changeons de dimension avec Schneider Electric, le leader mondial de la gestion de l’énergie. Sur le dossier, la thèse IA est simple : un data center d’IA consomme énormément d’électricité et chauffe énormément. Schneider vend précisément les solutions qui permettent d’alimenter et de refroidir ces installations (et ce, sans compter les mégatendances de l’électrification, de l’automatisation…).

Et la demande est explosive. Le groupe continue d’afficher une croissance organique à deux chiffres, tandis que son bénéfice par action progresse lui aussi de plus de 10 %, grâce à une marge opérationnelle qui ne cesse de s’améliorer.

Au sujet de l’IA, l’atout maître de Schneider Electric, reste son partenariat avec Nvidia, qui lui permet de co-concevoir les data centers de demain dès la phase de design, et un blueprint validé pour des centres à l'échelle du gigawatt.

Comme le résume le PDG de Schneider Electric, sur les ~200 GW de data centers qui seront construits d'ici 2030, environ la moitié seraient dédiés à l'IA. En plus de cela, le groupe est devenu un pilier énergétique des grands projets d'IA en France.

Ce que nous apprécions avec Schneider, c'est que nous profitons des investissements conséquents en Amérique du Nord, ce qui lui permet d'afficher une croissance plus forte qu'en Europe. C'est aujourd'hui sa première région, là où se concentrent les plus gros chantiers de data centers, les politiques de réindustrialisation et les vagues d'investissement dans l'électrification.

En renforçant son ancrage outre-Atlantique, le groupe se place exactement là où la demande sera la plus dynamique dans les années à venir. C’est un pari sur l’avenir que nous comptons bien accompagner, sans oublier l’Inde, où Schneider Electric réalise plus de 12% de son chiffre d’affaires.

Croissance de Schneider Electric - Amérique du Nord vs Europe

Pour ceux qui veulent aller plus loin, nous avons réalisé une analyse fondamentale sur Schneider.

Legrand : l'autre gagnant discret des data centers

Dans la même logique d’infrastructure électrique, Legrand est sans doute un gagnant sous-estimé. Historiquement spécialiste des équipements électriques du bâtiment, le groupe s’est transformé en fournisseur clé des data centers : transformateurs, disjoncteurs, câblage, connecteurs, racks et, désormais, refroidissement.

Source : La Tribune

La bascule est déjà visible dans les comptes : les data centers représentaient 26 % du chiffre d’affaires en 2025, une part qui pourrait grimper vers 40 % à terme. Par ailleurs, lorsqu’on regarde la publication de 2025, on remarque la très forte croissance de Legrand en Amérique du Nord, où le groupe bénéficie d’une forte demande portée par les data centers, tandis que les autres régions connaissent une croissance plus molle.

Le directeur général lui-même reconnaît que le groupe n’a “fait qu’effleurer” le sujet de l’IA, et qu’il reste encore beaucoup de potentiel dans les années à venir.

Pour accélérer, Legrand devrait continuer de réaliser des acquisitions ciblées aux États-Unis, notamment Avtron Power Solutions, pour près d’un milliard d’euros. Le groupe vise aussi 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2030, ce qui représente une croissance annualisée de 9,5 % sur la période 2025-2030.

Bien évidemment, ces niveaux de croissance seront en partie nourris par des acquisitions. Surtout, ils dépendront de la croissance du marché américain des data centers, ce qui rend le dossier sensible à tout ralentissement des dépenses des hyperscalers. Pour l’instant, selon les estimations de Goldman Sachs, nous sommes encore loin du pic.

Source : Goldman Sachs

Conclusion

Chez Bourseko, nous privilégions surtout les valeurs américaines pour jouer la thématique de l'IA. En Europe, nous avons historiquement favorisé les équipementiers comme ASML ou BESI.

Néanmoins, comme nous venons de le voir, selon votre style d'investissement et vos convictions, plusieurs des dossiers évoqués méritent le détour. On peut d'ailleurs les regrouper en trois grandes familles : le pari du rattrapage (STM/Soitec), le potentiel de croissance conséquent (2CRSI) et le choix de la diversification (Schneider Electric/Legrand).

Une chose est sûre, il faut garder en tête que le secteur demeure par nature cyclique, et que plusieurs de ces titres affichent aujourd'hui des valorisations élevées après des parcours boursiers impressionnants. Raison de plus pour faire le tri entre les dossiers de qualité durable et les simples effets de mode.

Et vous, êtes-vous investi sur des dossiers français pour profiter de l’IA ?

C’est tout pour cette newsletter.

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Loris & Abdallah

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