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Les convictions de BlackRock en 2026

Les convictions de BlackRock en 2026

Les convictions de BlackRock en 2026

#188 Notre synthèse de la lettre annuelle de Larry Fink, PDG de BlackRock

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Les convictions de BlackRock en 2026

Chaque année, Larry Fink, le PDG de BlackRock, partage sa vision des grandes tendances dans sa lettre aux actionnaires. Un document très suivi, tant par les investisseurs que par les décideurs, compte tenu de la place centrale de BlackRock dans le système financier mondial qui gère 14 000 milliards de dollars.

Comme l’an dernier, la lettre 2026 intitulée “Grandir avec son pays : Pensées d’un optimiste à long terme” a particulièrement retenu notre attention. C’est pourquoi nous vous proposons une synthèse dans cette newsletter, en revenant sur les grands sujets qu’il y aborde :

  1. Les limites du capitalisme

  2. Le coût (et les opportunités) de la souveraineté économique

  3. L’urgence énergétique dans les pays occidentaux

  4. Le retour en force des métiers manuels

1 - Le capitalisme à la croisée des chemins

Fink ouvre sa lettre de 2026 sur le constat sévère que le monde est anxieux, et à juste titre. Qu'il s'agisse de chefs d'État, de PDG ou de simples épargnants, tous partagent le même sentiment de désorientation face à notre époque.

Nous vivons une période où l'extraordinaire est devenu la norme : des guerres aux répercussions mondiales, des entreprises valorisées en milliers de milliards de dollars, une réorganisation fondamentale du commerce international, et l'avènement de l'IA, une technologie certes révolutionnaire mais très inquiétante aussi et ce, sur plusieurs points.

Face à cela, Fink critique notre tendance au court-termisme. Nous vivons dans un monde “dopaminergique” où l'information instantanée provoque des réactions instantanées. Les mouvements quotidiens des marchés sont traités comme des signaux de changements durables. Et franchement, on ne peut qu’être d’accord avec sa vision.

La vitesse peut fausser la perspective, étouffant la réflexion à long terme. [...] Le danger est que nous nous concentrions tellement sur le bruit que nous oublions ce qui compte vraiment.

Larry Fink - Lettre aux actionnaires 2026

Larry Fink

Selon le PDG de BlackRock, l'ancien modèle du capitalisme se fracture. Depuis 1989, la grande majorité de la création de richesse a profité aux détenteurs d'actifs, et non aux personnes qui tirent l'essentiel de leurs revenus de leur travail.

Depuis 1989, un dollar investi sur le marché boursier américain (S&P 500) a augmenté plus de 15 fois plus vite que la valeur d'un dollar lié au salaire médian. 

Aujourd'hui, l'IA menace de répéter et d'amplifier cette dynamique à une échelle encore plus grande, en concentrant la richesse entre les mains des entreprises et des investisseurs positionnés pour la capter. Selon lui, le sentiment profond des citoyens est que “le capitalisme fonctionne, mais pas pour suffisamment de monde”.

Pour Fink, la réponse réside dans ce qu'il appelle le "miracle civique" de l'investissement à long terme.

L'idée est simple : quand les citoyens investissent leur épargne sur des décennies, les marchés de capitaux mettent cet argent au travail pour financer des entreprises, des infrastructures et des emplois locaux. Et quand ce cycle se produit dans votre propre pays, votre avenir et celui de votre nation se lient. Vous aidez à financer sa croissance, et cette croissance finance votre avenir.

Fink illustre ce propos avec l'histoire de ses propres parents dans l'Amérique des années 50. Un vendeur de chaussures et une professeure d'anglais, qui, en investissant modestement mais régulièrement, ont participé au financement du boom industriel américain et du réseau autoroutier. Leurs investissements ont composé avec l'économie américaine, leur assurant une retraite dorée.

Le défi de 2026 est de recréer cette dynamique pour les générations actuelles, car aujourd'hui, même aux États-Unis, 40% de la population n'a aucune exposition aux marchés financiers. Et, on ne parle même pas du reste du monde, notamment en France, où cette part n’est que de 15%, en y intégrant aussi les investisseurs indirects via assurance-vie, PEE…

Bien sûr, son positionnement est aussi intéressé car son entreprise capte une partie significative des capitaux investis sur les marchés financiers, mais en tant qu’investisseurs long terme, nous ne pouvons qu’être d’accord avec lui.

2 - Le prix exorbitant de la souveraineté économique

Partout dans le monde, les priorités changent. La mondialisation heureuse et optimisée pour les coûts laisse place à une ère de souveraineté et de sécurité nationale. Le rêve du village global harmonieux est mort. Fink observe cette tendance à travers tous ses voyages et ses discussions avec les dirigeants mondiaux :

🇪🇺 L'Europe, réveillée par les conflits à ses portes, rebâtit et renforce sa propre industrie de défense pour ne plus dépendre exclusivement du parapluie américain.

🌏 Les marchés émergents (comme l'Inde ou le Brésil) développent frénétiquement leurs propres réseaux énergétiques domestiques pour ne plus subir les chocs pétroliers ou gaziers extérieurs.

🇺🇸 Les États-Unis, engagés dans un bras de fer stratégique et technologique avec la Chine, tentent de reconstruire leur secteur manufacturier et de relocaliser des industries critiques, notamment les semi-conducteurs.

Usine de TSMC en Arizona

La tendance est globale : les nations veulent à tout prix être moins dépendantes les unes des autres. On est passé d'une logique de chaîne d'approvisionnement en "flux tendu" (just-in-time) à une logique de sécurité "au cas où" (just-in-case).

Mais cette transition mondiale vers l'autosuffisance a un coût faramineux. C'est le prix à payer pour ne plus être à la merci d'une pandémie bloquant les ports asiatiques ou d'un conflit gelant les exportations d'hydrocarbures.

S'approvisionner en minéraux critiques (comme les terres rares, le lithium ou le cobalt, essentiels à la transition énergétique) en dehors de la sphère d'influence chinoise nécessite de rouvrir des mines en Occident, avec des normes environnementales et salariales beaucoup plus strictes. Construire des usines de semi-conducteurs de pointe dans l’Arizona coûte des dizaines de milliards de dollars de plus que de les concentrer à Taïwan.

Source : France Info

Fink met en lumière une vérité économique implacable que les politiciens rechignent souvent à avouer à leurs électeurs : chaque étape vers la souveraineté signifie, au moins temporairement, renoncer aux formidables économies d'échelle mondiales qui ont maintenu les prix et l'inflation artificiellement bas pendant plus de 30 ans. 

La mondialisation des années 1990 à 2010 était par nature un phénomène très déflationniste car on délocalisait vers la main-d'œuvre la moins chère. La démondialisation et la relocalisation des années 2020 sont, par nature, des forces structurellement inflationnistes. En termes simples, à court et moyen terme, l'indépendance nationale coûte très cher, et ce coût se répercutera inévitablement sur le consommateur final.

Qui va payer la facture ?

Historiquement, lors des grandes mutations (comme la révolution industrielle ou la reconstruction d'après-guerre), la majeure partie du financement des grands changements économiques provenait de trois sources : les banques traditionnelles, les bénéfices des grandes entreprises et les gouvernements (via l'impôt et la dette).

Mais le constat de Fink est amer : ces canaux de financement traditionnels sont aujourd'hui saturés, épuisés ou bloqués.

Tout d’abord, les gouvernements occidentaux croulent sous des montagnes de dettes publiques qui atteignent des niveaux records pour des temps de paix. Avec des taux d'intérêt durablement plus élevés qu'il y a cinq ans, le simple service de la dette asphyxie les budgets nationaux. Par conséquent, les États n'ont pas la marge de manœuvre fiscale pour financer seuls la réindustrialisation.

Évolution de la dette publique des Etats-Unis en % du PIB - Source : American Banker

De leur côté, les banques commerciales, soumises à des réglementations de plus en plus strictes depuis la crise financière de 2008, ont des exigences de fonds propres qui les empêchent de porter seules des risques aussi titanesques, illiquides et à si long terme que la construction d'un réseau de réacteurs nucléaires ou de méga-usines.

Enfin, on pourrait penser que les géants de la Tech, assis sur des trésors de guerre, pourraient financer eux-mêmes leurs infrastructures. Mais lorsque ces entreprises décident de construire d'immenses data centers ou de financer l'infrastructure électrique titanesque pour les alimenter, les montants en jeu sont si colossaux que même ces mastodontes se tournent vers les marchés pour obtenir des fonds.

Source : Les Echos

La conclusion de Fink est que puisque ni les États ni les banques ne peuvent porter ce fardeau, l'argent de cette relocalisation mondiale proviendra inexorablement des marchés de capitaux privés.

Par conséquent, pour financer la souveraineté, il faut mobiliser l'épargne dormante, estimée à des dizaines de milliers de milliards de dollars aux États-Unis et en Europe, et la diriger vers les marchés privés et les infrastructures.

3 - L'urgence énergétique

Comme dans ses précédentes lettres, Larry Fink insiste lourdement sur le pragmatisme énergétique. En effet, la demande en électricité, après des années de relative stabilité dans les pays développés, explose littéralement tirée par trois forces simultanées : l'électrification massive des foyers (pompes à chaleur, véhicules électriques), la relocalisation industrielle, et surtout, la faim insatiable de l'IA.

Source : CMC Markets

Face à cette urgence et à l'explosion de cette demande, Fink prévient qu'aucune source d'énergie ne pourra, à elle seule, faire le travail :

  • Le gaz naturel : il reste aujourd'hui absolument essentiel pour garantir la fiabilité du réseau de base, car il peut être activé à la demande lorsque le vent ne souffle pas ou que le soleil ne brille pas.

  • Le nucléaire : il fait un retour en grâce spectaculaire. Il sera critique à long terme (notamment avec la promesse des SMR, les petits réacteurs modulaires), mais ses délais de construction, (souvent plus d'une décennie) le rendent incompatible avec l'urgence immédiate des besoins de l'IA.

  • Le solaire et les batteries : c'est ici que l'expansion doit se faire le plus massivement et le plus vite. Le solaire est l'une des sources d'énergie les plus rapides à déployer. Couplé au stockage par batteries géantes et à la modernisation des réseaux électriques de transport, c'est la seule solution capable d'augmenter l'offre assez rapidement pour éviter une explosion des prix de l'électricité.

Mais là encore, Fink soulève un point géopolitique majeur et un vrai défi de souveraineté. Aujourd'hui, la quasi-totalité de la chaîne d'approvisionnement mondiale de l'industrie solaire et des batteries est concentrée en Chine. L'Occident finance donc sa propre transition énergétique en enrichissant son principal rival stratégique.

Source : Conflits

Pour des raisons évidentes de sécurité, les États-Unis et l'Europe sont contraints d'investir massivement pour diversifier cette production et rebâtir des filières industrielles complètes d'extraction de minéraux critiques et d'assemblage de composants.

4 - La revanche des cols bleus

Lorsqu'on parle d'IA, la peur principale véhiculée par les médias et les gouvernements concerne la destruction massive des emplois.

Bien que Fink reconnaisse que l'impact exact de l'IA sur le marché de l'emploi global soit encore incertain à long terme, il met en lumière avec insistance cette conséquence spectaculaire et inattendue, la revanche éclatante des "cols bleus" et des métiers manuels.

Pour construire le monde virtuel et immatériel de l'IA, il faut bâtir une infrastructure physique titanesque dans le monde réel. Les data centers géants, les systèmes de refroidissement complexes, les parcs solaires, les nouvelles lignes électriques haute tension... tout cela nécessite des armées de travailleurs qualifiés que nos sociétés ont cessé de former depuis 30 ans.

Fink s'appuie sur des données officielles stupéfiantes pour illustrer cette inversion de tendance. Alors que la croissance moyenne de l'emploi aux États-Unis est projetée à 3,1%, la demande pour les métiers de l'artisanat industriel explose :

  • Électriciens : +9,5%

  • Techniciens CVC (Chauffage, Ventilation, Climatisation) : +8,1%

  • Installateurs et réparateurs d'ascenseurs : +5,0%

  • Plombiers et tuyauteurs : +4,5%

  • Soudeurs et ouvriers du fer : +4,5%

La pénurie est si importante que les salaires dans ces secteurs explosent. De nombreux métiers manuels qualifiés paient aujourd'hui bien au-delà du salaire médian, atteignant couramment des rémunérations annuelles à six chiffres, rivalisant avec, ou dépassant, les salaires de nombreux jeunes cadres sortant d'écoles de commerce ou d'universités avec d'énormes dettes étudiantes.

Conclusion

En conclusion, comme chaque année, la lettre de Larry Fink apporte des éclairages intéressants sur les grandes tendances à venir. Nous partageons plusieurs constats avec le PDG de BlackRock.

Tout d’abord, sur la concentration des richesses, la création de valeur qui a largement profité aux propriétaires d’actifs plutôt qu’aux travailleurs. L’IA pourrait accentuer ce phénomène en renforçant encore la concentration du capital.

Sur le retour de la souveraineté, on observe déjà des investissements massifs dans des secteurs clés comme l’énergie, la défense ou les technologies. La mondialisation évolue, avec des logiques d’autonomie qui prennent le dessus, même si cela a un coût. Pour les investisseurs, ces priorités créent des opportunités intéressantes sur certains segments.

Sur l’électrification, la demande explose, portée à la fois par l’IA et les dynamiques de relocalisation industrielle. Le retard accumulé devrait continuer à générer des investissements importants dans les années à venir, au bénéfice d’acteurs comme Schneider Electric, Prysmian, Legrand ou Bloom Energy.

Enfin, si nous devions retenir une seule chose, ce serait le retour en force des métiers manuels, qui nous semble appelé à rester une tendance structurante dans les prochaines années.

Et toi, qu’est-ce qui t’a le plus marqué dans cette lettre ?

C’est tout pour cette newsletter.

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Loris, Xavier & Abdallah

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