Bourseko Logo

Maîtrisez-vous vraiment votre risque ?

Maîtrisez-vous vraiment votre risque ?

Maîtrisez-vous vraiment votre risque ?

#196 4 indicateurs à connaître pour mieux gérer son risque

Hello,

Avant de commencer, nous espérons que tout va bien de ton côté. Nous sommes heureux de te retrouver pour cette édition #196 de la newsletter Bourseko ! Nous sommes 23 566 abonnés. Bienvenue aux nouveaux et merci à tous pour votre confiance !

Si on t’a transféré cette édition et que tu souhaites recevoir nos prochaines newsletters, c’est ici 😊

📣 Communication

Avant de commencer, si tu veux aller plus loin, tu peux t’abonner au Club Bourseko. Pour rappel, voici ce qu’on propose au sein du Club :

  • Un espace d’échange entre +850 investisseurs pour s’entraider, progresser et partager ses investissements

  • Des analyses fondamentales sur des actions de qualité 2x par mois

  • Le suivi trimestriel des résultats de plus de 70 actions que nous surveillons

  • Des sessions de Questions/Réponses avec Xavier 1 fois par mois

  • Notre watchlist d’actions mensuelle, directement dans ta boîte mail chaque 1er du mois.

  • Des événements physiques réservés aux membres

  • Et bien d’autres choses…

On grandit, et nos prix augmentent à mesure que le Club se développe. A partir du 15 juin, le prix du Club Bourseko passera de 325€ à 350€/an.

La bonne nouvelle ? Si tu rejoins le Club avant cette date, tu verrouilles le tarif actuel... à vie.

Maîtrisez-vous vraiment votre risque ?

Dans l’édition 167, nous avons exploré les grands styles d'investissement : Value, Quality et Momentum. Comme nous l’avions évoqué, chacun a ses adeptes et ses détracteurs.

Mais peu importe le style que vous embrassez, il y a un invité qui s'installe toujours à votre table, qu'il soit invité ou non. Il s’agit du risque.

Sur les réseaux sociaux, on nous montre toujours la destination idéale, les gains faciles, les multi-baggers dénichés en quelques mois et l'indépendance financière à 40 ans. En revanche, on vous montre rarement la météo pendant le trajet. On oublie de vous parler des doutes, des drawdowns de −40 % ou de ces mois interminables où votre portefeuille saigne sans raison apparente.

Dans cette newsletter, nous vous proposons un article un peu différent de d’habitude. L’idée est de regarder l’investissement non pas sous l’angle du chasseur de performance, mais plutôt sous celui du gestionnaire de risques.

Pour cela, nous allons revenir sur 4 indicateurs indispensables pour piloter votre portefeuille.

1 - La Standard Deviation : le baromètre de votre estomac

La Standard Deviation (écart-type) mesure la volatilité d'un actif. En clair, c'est l'amplitude des "coups de volant" de votre investissement autour de sa performance moyenne. Plus un investissement à une standard deviation élevée, plus il est nécessaire d’accepter des excès haussiers ou baissiers.

Par exemple, la standard déviation du S&P 500 est de seulement 15%, tandis que celle de Nvidia est de 48%. Alors, concrètement, comment on interprète ce chiffre ?

Pour Nvidia, cela signifie qu'une performance annuelle de −48 % ou de +48 % reste un mouvement statistiquement normal. L'action est câblée pour cela. À l’inverse, si l’écart est plus important, c’est que nous basculons dans une année exceptionnelle, ce qui s’explique généralement par des fondamentaux qui ont massivement évolué.

En lisant cela, certains vont s'étouffer : “−30 %, c’est une année normale ?!”

Pour Nvidia, si l'on regarde son historique, oui, c’est une année parfaitement normale. En revanche, une chute de −30 % sur Costco ou sur le S&P 500 serait le signe d'une année totalement anormale, synonyme de panique générale ou de krach boursier.

Concrètement, voici les niveaux d'écart-type à retenir selon les classes d'actifs 👇

Chez Bourseko, nous considérons que l'écart-type ne mesure pas le risque de perte définitive, à condition que l'entreprise soit solide, mais représente avant tout un risque psychologique. Ainsi, plus la volatilité est élevée, plus les convictions de l'investisseur sont chahutées, ce qui nécessite une thèse d’investissement solide.

En réalité, le véritable danger n'est pas la baisse de 40 % en soi, mais votre réaction face à celle-ci. La plupart des épargnants surestiment leur tolérance aux montagnes russes, ils achètent du Nvidia pour sa performance, mais ont un estomac taillé pour du Air Liquide.

Résultat ? Ils capitulent au pire moment, précisément lorsque le dossier est au plus bas.

Trois enseignements à appliquer à votre portefeuille

  1. L'annualisation est un raccourci : un écart-type de 25 % ne signifie pas que vous ne perdrez jamais plus. Malheureusement, les cygnes noirs existent, donc il est tout à fait possible de perdre 40% sur Air Liquide, Berkshire Hathaway ou Coca-Cola.

  2. La diversification est votre amie : mélanger des actifs à faible et fort écart-type permet de lisser la trajectoire et la rend supportable émotionnellement.

  3. Le temps dilue la volatilité : plus l'horizon est long, plus l'impact de l'écart-type annuel s'estompe face à la tendance de fond.

Alors, connaissez-vous la standard deviation de votre portefeuille ?

2 - Le Beta : votre dépendance à la foule

Si l'écart-type mesure les secousses de votre propre voiture, le Beta mesure à quel point votre voiture est attachée par un élastique au reste du marché.

Pour simplifier, le Beta est l'indicateur de corrélation et d'amplification par rapport à un indice de référence (S&P 500, CAC 40, Nasdaq 100). Concrètement, il permet de savoir si une action va surréagir aux mouvements du marché ou, au contraire, les amortir.

En dessous de 1, comme Air Liquide ou L’Oréal, on parle d'actif "défensif". En résumé, l'action est moins sensible aux humeurs de la foule.

Par exemple, dans le cas d’Air Liquide, si le S&P 500 chute de 1%, de son côté Air Liquide ne perdra en moyenne que 0,65%. Par conséquent, ce sont plutôt des dossiers qui protègent votre capital dans la tempête, mais qui vont traîner un peu les pieds quand tout le monde fait la fête.

Au-dessus de 1, on parle d'actif "offensif". Par exemple, avec Disney, si le marché est euphorique (+2 %), le dossier Disney s’envole en moyenne de +2,84%. Par contre, attention, en cas de correction, ce sont les premiers à passer par la fenêtre.

Par conséquent, si vous achetez une action avec un Beta de 2, vous devez exiger au moins de gagner deux fois la prime de risque du marché. Si le rendement espéré n'est pas au rendez-vous, vous prenez un risque "inutile".

Dans le cas de Nvidia, comme vous pouvez le voir sur ce graphique, ce risque en vaut largement le coup. À l’inverse, pour Disney, le risque est supérieur et en plus de cela, la performance est moins bonne. Bref, c’est le pire des scénarios.

Ne pas confondre "vitesse" et "précipitation"

Mathématiquement, le Beta est un outil formidable pour construire la structure de votre portefeuille en fonction du cycle économique :

🟢 En phase de reprise (Bull Market) : On cherche à avoir un portefeuille avec des actions à Beta élevé (Tech, Luxe, Industrie) pour profiter de l'aspiration et surperformer l'indice.

🔴 En phase d'incertitude (Bear Market) : On se réfugie vers des Beta faibles (Santé, Consommation de base, Utilities) pour stabiliser le portefeuille.

Ce qui est important de garder en tête, c’est que le Beta est calculé sur le passé. Par conséquent, une action peut avoir été calme pendant cinq ans (Beta faible) et devenir soudainement ultra-volatile à cause d'un changement de business model ou d'une crise sectorielle.

Si vous voulez être plus précis, n’hésitez pas à regarder le Beta sur différentes périodes (1 an vs 5 ans). Si le Beta augmente radicalement, c'est que la nature de l'entreprise est en train de changer aux yeux du marché !

Comme souvent, ce que nous recommandons, c’est de ne pas être binaire, mais d’être diversifié sur la volatilité, très souvent, on a tendance à avoir des investisseurs qui se concentrent uniquement sur la diversification géographique et sectorielle, en réalité, ce qui est important c’est d’avoir des actifs qui ont différents cycles, ce qui permet de lisser votre performance, peu importe ce qui se passe.

3 - Le Sortino Ratio : séparer le "bon" du "mauvais" risque

Ici, nous rentrons dans un concept plus compliqué mais nous allons essayer de le rendre accessible.

Normalement, si vous avez étudié un peu la finance ou que vous êtes sur les marchés financiers depuis quelques années, vous avez entendu parler du ratio de Sharpe, qui est la mesure de référence en finance. De mon côté, je trouve que la formule de Sharpe a un défaut majeur, il traite la volatilité comme un bloc uniforme.

Pour Sharpe, une action qui s'envole de +20 % en un mois est jugée aussi "risquée" qu'une action qui s'écroule de −20 %. Chez Bourseko, nous trouvons cela absurde. En tant qu'investisseur, la volatilité vers le haut ne vous a jamais empêché de dormir. C'est même ce que nous recherchons, non ?

Pour mesurer uniquement la volatilité négative (la "downside deviation"), il existe le ratio de Sortino, qui ignore les bonnes surprises pour se concentrer uniquement sur le risque de perdre des plumes.

En clair, le Ratio de Sortino répond à la question suivante : "Ce rendement valait-il vraiment la douleur émotionnelle subie lors des baisses ?"

Lorsque vous analysez une action, voici l'échelle pour interpréter le résultat :

  • Sortino inférieur à 0,5 : Le rendement ne rémunère pas assez le risque de baisse subi.

  • Entre 0,5 et 1 : C'est un score correct. Le rendement est relativement solide par rapport aux risques de pertes.

  • Supérieur à 1 : C’est excellent. L'actif génère de la performance avec relativement peu de secousses à la baisse.

Le duel Microsoft vs Berkshire Hathaway

Pour comprendre toute la puissance de ce ratio, comparons deux monstres sacrés de Wall Street sur les 20 dernières années : Microsoft et Berkshire Hathaway, la holding de Warren Buffett.

Si l'on regarde uniquement la performance annualisée brute, le match semble plié d'avance. En effet, Microsoft a réalisé une performance annualisée de 18 % contre 11% par an pour Berkshire Hathaway. Clairement, n'importe quel investisseur foncerait sur Microsoft. Et pourtant, le Ratio de Sortino de Berkshire Hathaway est régulièrement bien meilleur que celui de Microsoft.

Pourquoi ?

Parce que Microsoft est une action technologique. Pour atteindre ses 18 % de rendement, elle a fait subir à ses actionnaires des purges mémorables (comme en 2009, en 2020, en 2022 ou encore en 2026 où l'action a chuté de plus de 30 % dans l'année).

À l'inverse, Berkshire Hathaway, fidèle à la philosophie de Warren Buffett, encaisse les crises sans réellement broncher. Ainsi, ses phases de baisse sont rares, courtes et très amorties.

Ce que le Ratio de Sortino vous dit ici, c'est que les 11 % de Buffett ont été obtenus dans un confort absolu, tandis que les 18 % de Microsoft ont exigé un estomac bien accroché !

Ici, l’objectif ultime du ratio de Sortino n'est pas de vous faire fuir les actions de croissance (au contraire), mais de vous apprendre à maximiser votre performance par rapport à la volatilité baissière.

En tant qu'investisseur intelligent, votre but est de trouver des actifs qui maximisent ce ratio. Un bon rendement, c'est bien. Un bon rendement qui vous évite de paniquer et de revendre au pire moment de la baisse, c'est l'assurance de réussir à long terme.

Bien évidemment, comme pour les autres indicateurs, cela ne garantit rien quant à l'avenir. Mais généralement, sauf en cas de changement structurel de l’activité de l'entreprise, cela donne une excellente idée du rapport rendement/risque.

4 - Le Max Drawdown : la mesure de votre estomac

Si nous ne devions retenir qu'un seul ratio pour un investisseur particulier, ce serait celui-ci.

Pourquoi ? Parce que c'est celui qui se ressent dans votre corps. Le Max Drawdown (MDD) mesure la perte maximale subie par un actif entre son point le plus haut (un pic historique) et son point le plus bas (le creux suivant), avant qu'il ne récupère et n'atteigne un nouveau sommet.

Pour certains, une baisse de -40 % sur une action n’est rien, pour d’autres, c’est tout simplement insupportable. C'est pourquoi il est indispensable de regarder dans le rétroviseur sur les 10, 15 ou 20 dernières années pour analyser la réaction des actions face aux différentes crises.

Faites l'exercice : regardez le MDD historique de vos actions. Si vous voyez "−50 %" et que votre estomac se noue rien qu'à cette idée, c'est que cette entreprise est peut-être mal calibrée pour votre profil d'investisseur.

Concrètement, il faut comprendre qu’un investisseur qui fait +14 % par an avec un MDD de −50 % gère moins bien son risque qu'un investisseur qui fait +12 % avec un MDD de −20 %. Pourtant, la plupart des particuliers féliciteront aveuglément celui qui affiche le plus fort rendement.

Pour toute allocation envisagée, simulez son comportement en 2008, 2020 et 2022. Si vous estimez que vous ne pourriez pas supporter de telles baisses, n'investissez pas (même si la réalité est qu’on a tendance à surestimer notre tolérance à la volatilité).

Nvidia, par exemple, a connu une baisse de plus de 30% à quatre reprises au cours de la dernière décennie. Est-ce que c’est beaucoup ? En réalité, cela ne dépend que de vous.

Conclusion

En Bourse, le risque ne doit pas vous faire peur mais il doit être calibré. Courir après le rendement absolu sans regarder le risque, c'est un peu comme conduire une voiture de course les yeux bandés.

Au fond, le sujet d’aujourd’hui n'est pas de prédire l'avenir ou de deviner quelle action va doubler demain, mais plutôt le fait se connaître soi-même face à l'incertitude.

En effet, les ratios mathématiques comme le Sortino, le Beta ou le Max Drawdown ne sont pas là pour éliminer le hasard, car le hasard est la nature même de la Bourse, mais ils sont là pour vous servir d'ancrage.

Bien évidemment, vous ne pourrez jamais contrôler la météo du marché, ni empêcher une crise de survenir. En revanche, en maîtrisant ces indicateurs, vous reprenez le contrôle sur la seule chose qui dépend entièrement de vous : la taille de vos voiles et la solidité de votre navire.

C’est tout pour cette newsletter.

Qu'en as tu pensé ?

Ca te prend moins d'une seconde et ça nous aide beaucoup

Si tu as des questions sur le Club, cette newsletter ou tout autre sujet, n’hésite pas à nous les poser. Nous y répondrons avec plaisir. Tu peux répondre à ce mail ou nous contacter directement à bourseko@gmail.com

Et si tu penses que cette newsletter pourrait plaire à une personne de ton entourage, transfère-lui directement cet email.

Passe une excellente journée et à bientôt dans la prochaine newsletter 😊

Loris & Abdallah

Inscrivez-vous pour lire la suite

Cet article est réservé aux membres de notre newsletter. Inscrivez-vous gratuitement pour accéder au contenu complet.

Retour aux articles

Inscris-toi gratuitement pour accéder à ce contenu

Inscription 100% gratuite. Tu recevras un code par email pour confirmer ton compte.