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Maîtrisez-vous vraiment votre risque ?

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Maîtrisez-vous vraiment votre risque ?

#196 4 indicateurs à connaître pour mieux gérer son risque

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Maîtrisez-vous vraiment votre risque ?

Dans l’édition 167, nous avons exploré les grands styles d'investissement : Value, Quality et Momentum. Comme nous l’avions évoqué, chacun a ses adeptes et ses détracteurs.

Mais peu importe le style que vous embrassez, il y a un invité qui s'installe toujours à votre table, qu'il soit invité ou non. Il s’agit du risque.

Sur les réseaux sociaux, on nous montre toujours la destination idéale, les gains faciles, les multi-baggers dénichés en quelques mois et l'indépendance financière à 40 ans. En revanche, on vous montre rarement la météo pendant le trajet. On oublie de vous parler des doutes, des drawdowns de −40 % ou de ces mois interminables où votre portefeuille saigne sans raison apparente.

Dans cette newsletter, nous vous proposons un article un peu différent de d’habitude. L’idée est de regarder l’investissement non pas sous l’angle du chasseur de performance, mais plutôt sous celui du gestionnaire de risques.

Pour cela, nous allons revenir sur 4 indicateurs indispensables pour piloter votre portefeuille.

1 - La Standard Deviation : le baromètre de votre estomac

La Standard Deviation (écart-type) mesure la volatilité d'un actif. En clair, c'est l'amplitude des "coups de volant" de votre investissement autour de sa performance moyenne. Plus un investissement à une standard deviation élevée, plus il est nécessaire d’accepter des excès haussiers ou baissiers.

Par exemple, la standard déviation du S&P 500 est de seulement 15%, tandis que celle de Nvidia est de 48%. Alors, concrètement, comment on interprète ce chiffre ?

Pour Nvidia, cela signifie qu'une performance annuelle de −48 % ou de +48 % reste un mouvement statistiquement normal. L'action est câblée pour cela. À l’inverse, si l’écart est plus important, c’est que nous basculons dans une année exceptionnelle, ce qui s’explique généralement par des fondamentaux qui ont massivement évolué.

En lisant cela, certains vont s'étouffer : “−30 %, c’est une année normale ?!”

Pour Nvidia, si l'on regarde son historique, oui, c’est une année parfaitement normale. En revanche, une chute de −30 % sur Costco ou sur le S&P 500 serait le signe d'une année totalement anormale, synonyme de panique générale ou de krach boursier.

Concrètement, voici les niveaux d'écart-type à retenir selon les classes d'actifs 👇

Chez Bourseko, nous considérons que l'écart-type ne mesure pas le risque de perte définitive, à condition que l'entreprise soit solide, mais représente avant tout un risque psychologique. Ainsi, plus la volatilité est élevée, plus les convictions de l'investisseur sont chahutées, ce qui nécessite une thèse d’investissement solide.

En réalité, le véritable danger n'est pas la baisse de 40 % en soi, mais votre réaction face à celle-ci. La plupart des épargnants surestiment leur tolérance aux montagnes russes, ils achètent du Nvidia pour sa performance, mais ont un estomac taillé pour du Air Liquide.

Résultat ? Ils capitulent au pire moment, précisément lorsque le dossier est au plus bas.

Trois enseignements à appliquer à votre portefeuille

  1. L'annualisation est un raccourci : un écart-type de 25 % ne signifie pas que vous ne perdrez jamais plus. Malheureusement, les cygnes noirs existent, donc il est tout à fait possible de perdre 40% sur Air Liquide, Berkshire Hathaway ou Coca-Cola.

  2. La diversification est votre amie : mélanger des actifs à faible et fort écart-type permet de lisser la trajectoire et la rend supportable émotionnellement.

  3. Le temps dilue la volatilité : plus l'horizon est long, plus l'impact de l'écart-type annuel s'estompe face à la tendance de fond.

Alors, connaissez-vous la standard deviation de votre portefeuille ?

2 - Le Beta : votre dépendance à la foule

Si l'écart-type mesure les secousses de votre propre voiture, le Beta mesure à quel point votre voiture est attachée par un élastique au reste du marché.

Pour simplifier, le Beta est l'indicateur de corrélation et d'amplification par rapport à un indice de référence (S&P 500, CAC 40, Nasdaq 100). Concrètement, il permet de savoir si une action va surréagir aux mouvements du marché ou, au contraire, les amortir.

En dessous de 1, comme Air Liquide ou L’Oréal, on parle d'actif "défensif". En résumé, l'action est moins sensible aux humeurs de la foule.

Par exemple, dans le cas d’Air Liquide, si le S&P 500 chute de 1%, de son côté Air Liquide ne perdra en moyenne que 0,65%. Par conséquent, ce sont plutôt des dossiers qui protègent votre capital dans la tempête, mais qui vont traîner un peu les pieds quand tout le monde fait la fête.

Au-dessus de 1, on parle d'actif "offensif". Par exemple, avec Disney, si le marché est euphorique (+2 %), le dossier Disney s’envole en moyenne de +2,84%. Par contre, attention, en cas de correction, ce sont les premiers à passer par la fenêtre.

Par conséquent, si vous achetez une action avec un Beta de 2, vous devez exiger au moins de gagner deux fois la prime de risque du marché. Si le rendement espéré n'est pas au rendez-vous, vous prenez un risque "inutile".

Dans le cas de Nvidia, comme vous pouvez le voir sur ce graphique, ce risque en vaut largement le coup. À l’inverse, pour Disney, le risque est supérieur et en plus de cela, la performance est moins bonne. Bref, c’est le pire des scénarios.

Ne pas confondre "vitesse" et "précipitation"

Mathématiquement, le Beta est un outil formidable pour construire la structure de votre portefeuille en fonction du cycle économique :

🟢 En phase de reprise (Bull Market) : On cherche à avoir un portefeuille avec des actions à Beta élevé (Tech, Luxe, Industrie) pour profiter de l'aspiration et surperformer l'indice.

🔴 En phase d'incertitude (Bear Market) : On se réfugie vers des Beta faibles (Santé, Consommation de base, Utilities) pour stabiliser le portefeuille.

Ce qui est important de garder en tête, c’est que le Beta est calculé sur le passé. Par conséquent, une action peut avoir été calme pendant cinq ans (Beta faible) et devenir soudainement ultra-volatile à cause d'un changement de business model ou d'une crise sectorielle.

Si vous voulez être plus précis, n’hésitez pas à regarder le Beta sur différentes périodes (1 an vs 5 ans). Si le Beta augmente radicalement, c'est que la nature de l'entreprise est en train de changer aux yeux du marché !

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