Bourseko Logo

Meta : la plus risquée des GAFAM ?

Meta : la plus risquée des GAFAM ?

Meta : la plus risquée des GAFAM ?

#218 Notre analyse fondamentale de Meta

Hello,

Avant de commencer, nous espérons que tout va bien de ton côté. Nous sommes heureux de te retrouver pour cette édition #218 de la newsletter Bourseko ! Nous sommes 26 670 abonnés. Bienvenue aux nouveaux et merci à tous pour votre confiance !

Si on t’a transféré cette édition et que tu souhaites recevoir nos prochaines newsletters, c’est ici 😊

L’actualité du Club Bourseko

L’actualité de la semaine, c’est notre rapprochement avec Baggr, dont nous parlions dans la newsletter de mercredi. Désormais, Baggr est directement inclus dans l’abonnement de tous les membres du Club Bourseko.

Pour célébrer cette annonce importante, nous faisons exceptionnellement une offre spéciale.

Jusqu’au samedi 5 septembre à 23h59, si vous vous abonnez au Club Bourseko, nous vous offrons 2 mois supplémentaires. Votre première période d’abonnement durera donc 14 mois au lieu de 12.

Comme toujours, vous pouvez tester le Club sans risque. Si vous n’êtes pas convaincu, vous disposez de 14 jours pour vous rétracter et être intégralement remboursé. Et si vous avez une société, vous pouvez établir la facture à son nom afin de récupérer la TVA.

Meta : la plus risquée des GAFAM ?

En un peu plus de 20 ans d’existence, Meta est devenue l’une des entreprises les plus importantes de la planète, avec près de 200 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025.

Malgré les paris sur le métavers, les lunettes connectées, les modèles d’intelligence artificielle et les annonces spectaculaires, Meta reste avant tout une régie publicitaire, probablement la plus puissante jamais construite, capable de monétiser chaque jour l’attention de 3,6 milliards de personnes.

Sauf qu’en 2026, plusieurs éléments sont en train de rebattre les cartes. Et c’est précisément pour cette raison que le dossier mérite qu’on s’y arrête aujourd’hui.

Dans cette analyse, nous allons d’abord revenir sur le moteur publicitaire et sur la manière dont l’IA l’a transformé. Nous passerons ensuite en revue les principaux avantages compétitifs du groupe, avant d’aborder Reality Labs, puis les revenus non publicitaires, qui constituent selon nous l’une des parties les plus sous-estimées du dossier.

Enfin, nous nous pencherons sur le sujet qui concentre toutes les attentions depuis quelques mois, la possibilité que Meta devienne à terme un véritable acteur du cloud grâce aux investissements colossaux engagés dans ses data centers.

Allons-y ⤵️

Histoire

En 2003, Mark Zuckerberg, jeune étudiant de Harvard, passionné de programmation depuis l'enfance, crée un site nommé Facemash. 

Le concept est provocateur. Il pirate les photos des trombinoscopes des résidences universitaires et propose aux étudiants de voter pour désigner les plus attirants d'entre eux. Le site fait le tour du campus en quelques heures, avant d'être fermé par l'administration. Zuckerberg échappe de peu à l'exclusion. Mais l'épisode lui révèle que les étudiants sont fascinés par la possibilité de se regarder les uns les autres en ligne.

À l'époque, chaque résidence de Harvard distribue à ses étudiants un annuaire papier avec photos, surnommé “face book”. Zuckerberg décide de transposer ce concept sur Internet. Chacun crée son propre profil, choisit ce qu'il montre et se connecte aux personnes qu'il connaît réellement. En février 2004, depuis sa chambre, il lance TheFacebook avec quelques camarades, dont Eduardo Saverin, qui apporte les premiers fonds, et Dustin Moskovitz. En 24 heures, plus de 1000 d'étudiants s'inscrivent. Puis, en un mois, la moitié du campus a créé son profil.

Dustin Moskovitz, Chris Hughes et Mark Zuckerberg.

Le succès attire aussi les premières controverses. Les frères Winklevoss, deux étudiants qui avaient sollicité Zuckerberg pour développer leur propre projet de réseau social, l'accusent de leur avoir volé l'idée. Le litige se soldera des années plus tard par un accord de 65 millions de dollars, et inspirera le film The Social Network.

Rien de tout cela ne freine la trajectoire du projet de Zukerberg. Dès l'été 2004, Zuckerberg s'installe en Californie et obtient un premier investissement de 500 000 dollars de Peter Thiel, le cofondateur de PayPal.

À ses débuts, le réseau social s'étend campus par campus, avec une stratégie d'ouverture progressive qui entretient le sentiment d'exclusivité. En 2006, Facebook s'ouvre enfin au grand public et lance le News Feed, ce fil d'actualité qui deviendra le cœur du produit. La même année, Zuckerberg refuse une offre de rachat d'un milliard de dollars de Yahoo. Il a 22 ans, et beaucoup le prennent pour un fou, mais comme vous le savez, la suite lui donnera raison.

La page d'accueil originale de TheFacebook.

Cependant, ce qui rend Facebook véritablement révolutionnaire, c'est son modèle économique. Le service est gratuit pour l'utilisateur et se finance par la publicité ciblée. Chaque profil, chaque like, chaque interaction alimente une connaissance extrêmement fine des utilisateurs, que les annonceurs peuvent exploiter avec une précision inédite.

Ce modèle crée un cercle vertueux :

  1. plus le réseau attire d'utilisateurs, plus il collecte de données

  2. plus il collecte de données, plus le ciblage publicitaire s'améliore

  3. Et plus le ciblage s'améliore, plus les annonceurs affluent, ce qui finance à son tour l'expansion du réseau.

En bref, un bon effet de réseau comme on l’aime.

En mai 2012, Facebook entre en Bourse sur une valorisation de 104 milliards de dollars, un record pour une introduction tech. Les débuts sont pourtant chaotiques. Le marché doute de la capacité de l'entreprise à monétiser le mobile, et le titre perd la moitié de sa valeur en quelques mois. Zuckerberg opère alors un virage stratégique complet vers le smartphone.

Introduction en bourse de Facebook

C'est aussi à cette période que Facebook réalise les acquisitions les plus importantes de son histoire. Instagram en 2012, pour un milliard de dollars, un montant jugé délirant à l'époque pour une application de 13 salariés sans le moindre revenu. Puis WhatsApp en 2014, pour 19 milliards. Ces deux rachats, parmi les plus rentables de l'histoire de la tech, verrouillent la domination du groupe sur son marché.

Les années suivantes vont toutefois être beaucoup plus mouvementées. Le scandale Cambridge Analytica en 2018, la montée en puissance de Snapchat puis de TikTok, et surtout les nouvelles règles de confidentialité imposées par Apple en 2021 viennent fragiliser la machine publicitaire de Facebook.

Audition à la suite de l'affaire Cambridge Analytica

En octobre 2021, Zuckerberg rebaptise le groupe Meta et engage des dizaines de milliards de dollars dans le métavers à travers sa division Reality Labs.

C’est là qu’intervient le premier véritable accident boursier de l’entreprise. Meta investit plus de 20 milliards de dollars dans un projet qui peine à convaincre les investisseurs. Ajoutez à cela un ralentissement des revenus publicitaires, et l’action s’effondre de plus de 70%.

Pour répondre aux inquiétudes et redresser le groupe, Zuckerberg décrète que 2023 sera « l’année de l’efficacité ». Plus de 20 000 postes sont supprimés et les investissements sont massivement réorientés vers l’intelligence artificielle, devenue incontournable depuis le lancement de ChatGPT fin 2022.

Comme vous pouvez le voir, après bientôt 15 ans en Bourse particulièrement mouvementés, Meta entre désormais dans un nouveau chapitre de son histoire avec l’IA. Et c’est précisément ce que nous allons essayer de comprendre dans cette analyse fondamentale.

Modèle économique de Meta

Meta n’a pas réinventé la roue pour monétiser son activité. L'entreprise capte le temps d'attention de ses utilisateurs, puis vend l'accès à cette attention aux annonceurs via un système d'enchères en temps réel.

En revanche, ce qui est plus impressionnant, c’est son échelle. Plus de 3,5 milliards de personnes utilisent chaque jour au moins une application du groupe, soit plus de 42 % de la population mondiale. Ainsi, près d'un être humain sur deux ouvre un service de Meta quotidiennement (Facebook, Instagram, WhatsApp, Threads ou Messenger), et la proportion grimpe encore si l'on ne compte que les personnes connectées à Internet.

Avec une telle audience et un engagement aussi élevé, Meta peut générer un niveau colossal de revenus publicitaires en insérant des publicités dans les fils Facebook et Instagram, ainsi que dans les Stories et les Reels. Et grâce aux données accumulées sur chaque utilisateur, le ciblage atteint une précision que peu de concurrents peuvent égaler. En 2025, cette machine a généré 196 milliards de dollars de revenus publicitaires, sur un chiffre d'affaires total de 201 milliards, soit 98 % de l'activité.

En parallèle, Meta dispose d'une deuxième source de revenus avec Reality Labs, la division qui regroupe les casques Quest et les lunettes connectées Ray-Ban Meta. Sa contribution reste marginale, et la division est surtout connue pour ses pertes abyssales. Nous y reviendrons en détail plus bas.

Maintenant que les bases du business model sont posées, entrons dans le détail de cette machine, en commençant par la partie publicitaire. Pour cela, il faut décomposer le chiffre d’affaires en trois variables :

  1. Le nombre d'utilisateurs,

  2. Le nombre d'impressions publicitaires servies à chacun d'entre eux,

  3. Et le prix moyen payé par les annonceurs pour chacune de ces impressions.

1. Le nombre d'utilisateurs

Comme nous l'avons évoqué précédemment, Meta compte environ 3,6 milliards d'utilisateurs quotidiens sur l'ensemble de ses applications, un chiffre qui progresse d'environ 3% par an.

Or, le chiffre d'affaires du groupe croît de plus de 20% par an. La conclusion s'impose d'elle-même, la croissance de Meta ne vient plus de son audience, elle vient des deux autres variables, le nombre d'impressions par utilisateur et le prix par impression. 

Il faut dire que le réservoir de recrutement est presque à sec. Les 3,6 milliards d'utilisateurs quotidiens représentent près d'une personne sur deux sur Terre, et près de 75% de la population mondiale si l'on exclut la Chine où le groupe est absent, les enfants en bas âge et les zones sans accès à Internet. La croissance résiduelle vient donc presque exclusivement des marchés émergents, en particulier l'Inde, l'Afrique et l'Asie du Sud-Est, mais ce sont aussi les zones où les utilisateurs rapportent le moins d'argent.

Notre lecture est qu'il ne faut plus regarder cette variable comme un moteur de croissance mais comme un indicateur de santé défensive. Tant qu’elle continue de progresser, même légèrement, cela signifie que TikTok et les autres concurrents n’ont pas entamé son socle d’utilisateurs. Le jour où elle commencera à reculer, ce sera un vrai signal d’alerte, notamment aux États-Unis où les nouvelles restrictions sur les mineurs pourraient peser sur l’usage des adolescents.

Maintenant, regardons d'où viennent ces 3,6 milliards d'utilisateurs, parce que derrière ce chiffre agrégé se cachent des réalités très différentes. Quand on parle de Meta, on parle en réalité de plusieurs applications qui se partagent la même régie publicitaire, et qui ne sont pas au même stade de maturité. Facebook est la vache à lait qu'on enterre depuis 10 ans, Instagram est la machine de croissance, WhatsApp est l'actif sous-monétisé, Threads est l'option gratuite. Et Messenger, dans cette histoire, est celui qu'on efface doucement.

Facebook

Commençons par Facebook. Depuis 2015, on annonce chaque année la mort de la plateforme, jugée trop vieille, trop lente, désertée par les jeunes. Les chiffres racontent pourtant une histoire très différente, puisqu'elle compte plus de 2,21 milliards d'utilisateurs quotidiens, un niveau que très peu de produits dans le monde peuvent revendiquer.

Il faut toutefois préciser que Meta a cessé, début 2024, de publier des indicateurs spécifiques à Facebook et ne communique désormais plus que des données au niveau du groupe. À partir de cette date, les chiffres propres à Facebook sont donc des estimations, mais elles permettent malgré tout de bien visualiser le ralentissement de la croissance du nombre d’utilisateurs.

En outre, quand on regarde la répartition géographique, elle peut surprendre de notre point de vue européen. Sur environ 2 milliards d’utilisateurs, l’Amérique du Nord n’en représente qu’environ 210 millions et l’Europe 320 millions, contre plus de 1,06 milliard en Asie-Pacifique et environ 620 millions dans le reste du monde.

En termes de marché, l'Inde est le premier mondial en volume, devant des pays comme l'Indonésie, le Brésil et les Philippines.

Instagram

Si Facebook incarne la maturité, Instagram est le seul actif du groupe dont l'audience progresse encore franchement. 13 ans après son acquisition, la plateforme a franchi les trois milliards d'utilisateurs mensuels en septembre 2025, et Meta a confirmé deux milliards d'utilisateurs quotidiens au deuxième trimestre 2026.

Nous estimons qu'Instagram génère aujourd'hui environ la moitié du chiffre d'affaires publicitaire mondial du groupe et qu’il devrait enfin doubler Facebook.

La géographie d'Instagram ressemble à celle de Facebook, mais avec un profil plus urbain et surtout plus jeune, puisque près des trois quarts des utilisateurs américains ont moins de 45 ans, et que la tranche des 18-34 ans représente à elle seule plus de la moitié de l'audience, ce qui explique l'attractivité de la plateforme pour les annonceurs qui cherchent précisément cette clientèle en phase d'équipement.

Sur le plan géographique, l'Inde arrive très largement en tête avec plus de 500 millions de personnes dans l'audience publicitaire déclarée par Meta, soit environ un quart du total mondial, devant les États-Unis, le Brésil et l'Indonésie, tandis que l'Europe compte environ 300 millions d'utilisateurs avec une pénétration très élevée chez les moins de 35 ans.

Cette répartition explique d'ailleurs une part de l'écart entre l'audience et les revenus, car les marchés qui apportent le plus d'utilisateurs ne sont pas ceux qui rapportent le plus, un utilisateur nord-américain générant plusieurs dizaines de fois ce que génère un utilisateur asiatique.

WhatsApp

Passons à WhatsApp, qui est l’application du groupe qui compte le plus d’utilisateurs, avec plus de 3 milliards d’utilisateurs mensuels. Mais avant d’y venir, un mot sur Messenger.

Lancée en 2011 puis séparée de Facebook en 2014, la messagerie fait aujourd’hui le chemin inverse. Meta a supprimé les applications de bureau Windows et macOS fin 2025, puis fermé le site Messenger en avril 2026 en redirigeant les utilisateurs vers Facebook.

Messenger n’a pas disparu, mais il redevient progressivement une fonctionnalité de Facebook plutôt qu’un produit autonome. Meta évite ainsi de faire concurrence à WhatsApp, qui reste sa véritable application de messagerie indépendante et celle sur laquelle se concentre désormais l’effort de monétisation.

Cependant, WhatsApp n'est pas dominant partout. La géographie de la messagerie mondiale est en réalité un patchwork qui explique une bonne partie de la stratégie de Meta. Concrètement, l'application règne quasiment sans partage en Amérique latine, en Inde, en Indonésie, en Afrique et dans presque toute l'Europe continentale, avec des taux de pénétration qui dépassent souvent 90% des utilisateurs de smartphone au Brésil, en Argentine, en Espagne ou en Italie.

De l'autre côté de l'Atlantique, les États-Unis sont l'exception majeure, puisque iMessage y domine largement, porté par une part de marché d'Apple supérieure à 50% chez les adultes et proche de 90% chez les adolescents. Néanmoins, WhatsApp y compte tout de même une centaine de millions d'utilisateurs, concentrés dans les communautés hispaniques et immigrées qui l'utilisent pour joindre l'étranger, mais il reste une messagerie secondaire pour la majorité de la population.

Et puis, une grande partie de l'Asie du Nord échappe elle aussi complètement à Meta, avec KakaoTalk qui équipe la quasi-totalité des Coréens, LINE qui joue le même rôle au Japon, à Taïwan et en Thaïlande, et WeChat qui reste incontournable en Chine.

WhatsApp (vert foncé), iMessage (noir), Messenger (rose), Viber (violet), Telegram (bleu)

Ce qui distingue WhatsApp des autres plateformes du groupe, c’est avant tout la fidélité de son audience. Sur plus de 3 milliards d’utilisateurs, plus de 80 % ouvrent l’application chaque jour, loin devant Messenger et Telegram, mais aussi devant Facebook et Instagram.

Dans de nombreux marchés émergents, WhatsApp est devenu la véritable infrastructure du commerce du quotidien. On y commande un repas, on prend rendez-vous chez le coiffeur, on échange avec un fournisseur ou on reçoit une facture. Pour des millions de très petites entreprises, l’application remplace même le site internet et sert de principale vitrine.

Threads

Reste enfin Threads. Lancé en juillet 2023, quelques mois après le rachat de Twitter par Elon Musk, le réseau social de Meta profite immédiatement d’un contexte idéal pour se faire une place.

Mais surtout, il bénéficie d’un canal d’acquisition qu’aucun concurrent n’avait jamais eu à cette échelle. Il suffit d’un clic depuis un compte Instagram existant pour rejoindre la plateforme. Résultat, Threads dépasse les 100 millions d’utilisateurs en seulement cinq jours.

Depuis, la croissance s’est poursuivie. En juin 2026, la plateforme revendique 500 millions d’utilisateurs mensuels, contre 350 millions un an plus tôt, et environ 143 millions d’utilisateurs quotidiens sur mobile en janvier 2026, soit davantage que les 126 millions de X (ex-Twitter).

Alors certes, ces chiffres sont impressionnants, mais ils doivent être nuancés. Une grande partie de l’audience de Threads a été recrutée par défaut via Instagram, là où X a construit la sienne de manière beaucoup plus organique. Cette différence se voit immédiatement dans le temps passé quotidiennement sur chaque plateforme.

Un autre signal est assez révélateur. Mark Zuckerberg lui-même continue de publier sur X lorsqu’il veut toucher le monde de la technologie, les investisseurs ou la presse spécialisée, tandis qu’il réserve davantage Threads aux annonces produit et à une communication grand public.

Pour une plateforme de discussion textuelle, la valeur ne vient pas seulement du nombre d’utilisateurs, mais aussi de sa capacité à concentrer les conversations qui comptent. Et sur ce terrain, journalistes, investisseurs, fondateurs, chercheurs et responsables politiques restent encore très largement sur X.

2. Le nombre d'impressions, le levier de l'inventaire

Meta a augmenté le nombre de publicités servies d'environ 10 à 15% par an ces dernières années, ce qui est considérable pour une base d'utilisateurs qui ne progresse que de 3%.

Ces impressions supplémentaires proviennent de trois sources :

  1. La hausse du temps passé,

  2. L'ouverture de nouvelles surfaces publicitaires

  3. Et l'augmentation progressive de la charge publicitaire.

Reprenons-les dans l'ordre.

Le temps passé d'abord, parce que c'est la matière première de tout le reste, une plateforme publicitaire ne pouvant vendre que ce que ses utilisateurs lui donnent, à savoir des minutes d'attention transformables en impressions.

Rappelez-vous, durant la deuxième moitié des années 2010, TikTok explose et menace directement Instagram, qui commence à perdre rapidement l’attention des jeunes utilisateurs.

La réponse de Meta est radicale. Instagram transforme progressivement son fil en machine à vidéos courtes avec les Reels, quitte à sacrifier temporairement une partie de la monétisation. YouTube fait d’ailleurs exactement le même choix au même moment avec les Shorts.

Avec le recul, le pari semble largement gagné. Les Reels, qui n’existaient pas avant l’été 2020, représentaient environ 32% du temps passé par les utilisateurs américains d’Instagram au T2 2023, contre 53% aujourd’hui.

Ainsi, l'application que les gens ouvrent en 2026 n'a plus grand chose à voir avec celle de 2020, et la consommation sur Instagram progresse désormais à deux chiffres grâce aux améliorations continues des recommandations.

De plus, ce format change profondément l’économie de la plateforme. En faisant défiler beaucoup plus de contenus qu’avec un fil de photos, l’utilisateur génère mécaniquement davantage d’impressions publicitaires, ce qui augmente fortement l’inventaire disponible, même si chaque impression prise individuellement vaut un peu moins.

Passons maintenant au second changement structurel, l'ouverture de nouvelles surfaces publicitaires. Tout d’abord, et vous l’avez certainement remarqué, le fil n’est plus organisé autour des comptes qu’on suit, mais autour des contenus que les modèles de recommandation jugent les plus susceptibles de retenir notre attention.

Ce basculement change profondément le modèle. Facebook, Instagram et Threads peuvent désormais monétiser un nouvel inscrit presque immédiatement, sans attendre qu’il suive des dizaines de comptes (et cette logique a également montré qu’elle permettait d’augmenter l’engagement des utilisateurs).

Sur Facebook aussi, la carte de l’inventaire publicitaire s’est redessinée. Les emplacements les plus intéressants ne se trouvent plus seulement dans le fil historique, mais aussi dans trois briques devenues centrales :

  1. Les groupes, qui rassemblent des communautés locales ou thématiques très ciblables.

  2. Marketplace, qui capte directement une intention d’achat et place Facebook en concurrence avec des plateformes comme Leboncoin.

  3. Et enfin les Reels, qui ont repris le format vidéo court imposé par TikTok et concentré une grande partie de la croissance du temps passé ces dernières années.

Facebook Marketplace

Threads constitue également une nouvelle surface publicitaire, avec un déploiement annoncé début 2026 qui étend la publicité à l'ensemble des utilisateurs dans le monde, opération volontairement progressive et susceptible de prendre plusieurs mois.

De plus, Threads redonne à Meta une plateforme dédiée aux conversations textuelles et à l’actualité, un terrain que le groupe avait volontairement délaissé après 2020 en réduisant la place de la politique sur ses plateformes.

Néanmoins, comme nous l’avons vu, son potentiel doit encore être largement relativisé en raison d’un engagement très faible. Nous considérons donc Threads comme une option peu coûteuse et, par prudence, nous lui attribuons une valeur nulle dans notre valorisation.

Enfin, la surface qui nous paraît la plus prometteuse est l’onglet Actus de WhatsApp. Il est consulté chaque jour par plus de 1,5 milliard de personnes, une audience qui était encore totalement vierge de publicité jusqu’à récemment.

Avec environ 20 ouvertures quotidiennes en moyenne chez les utilisateurs Android, WhatsApp est l’une des applications les plus fréquemment consultées au monde. La publicité y est progressivement déployée depuis 2025, même si son lancement a été repoussé dans l’Union européenne après l’intervention du régulateur irlandais.

Cerise sur le gâteau, cet inventaire est entièrement additionnel et ne cannibalise aucune surface publicitaire existante. Barclays estime ainsi que WhatsApp et Threads pourraient ensemble représenter jusqu’à 25 milliards de dollars de revenus supplémentaires.

Enfin, le dernier levier est l’augmentation progressive de la charge publicitaire, autrement dit du nombre de publicités affichées par session. Cependant, Meta l’utilise avec prudence, car pousser trop loin la densité publicitaire finirait par dégrader l’expérience utilisateur.

3. Le prix moyen, le nerf de la guerre

Pour avoir accès à la suite de cette newsletter, il faut être membre du Club Bourseko.

Pour rappel, jusqu’au samedi 5 septembre à 23h59, si vous vous abonnez au Club Bourseko, nous vous offrons 2 mois supplémentaires. Votre première période d’abonnement durera donc 14 mois au lieu de 12.

L’équipe Bourseko

C’est tout pour cette newsletter.

Qu'en as tu pensé ?

Ca te prend moins d'une seconde et ça nous aide beaucoup

Si tu as des questions, n’hésite pas à les poser. Nous y répondrons avec plaisir. Tu peux répondre à ce mail ou nous contacter directement à contact@bourseko.fr

Et si tu penses que cette newsletter pourrait plaire à une personne de ton entourage, transfère-lui directement cet email.

Passe une excellente journée et à bientôt sur la newsletter,

L’équipe Bourseko

Cet article provient de notre newsletter

Recevez nos analyses directement dans votre boîte mail chaque semaine

Voir sur Beehiiv

Cet article vous a plu ?

Partagez-le avec votre réseau !