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Que retenir du premier semestre en Bourse ?

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#205 Et si tout allait bien malgré les craintes sur la valorisation, l'IA et les taux ?

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Que retenir du premier semestre en Bourse ?

Il y a quelques jours, nous avons clôturé le premier semestre de l’année. Quand on regarde dans le rétroviseur, on retrouve, comme souvent, un flot d’informations qui aurait pu paraître particulièrement négatif.

Un conflit ouvert entre les États-Unis et l’Iran, une flambée des prix de l’énergie, un changement d’homme à la tête de la Réserve fédérale, une France toujours prisonnière de son feuilleton budgétaire…

Pourtant, au milieu de tout cela, les indices américains ont signé l’un de leurs meilleurs semestres depuis des années, tandis que les indices européens sont eux aussi restés proches de leurs plus hauts.

Dans cette newsletter, comme l’année dernière, nous vous proposons justement une rétrospective de ce premier semestre.

Retour sur un semestre à rebondissements

Tout d’abord, le premier semestre a été marqué par la guerre entre l’Iran d’un côté, et les États-Unis et Israël de l’autre. Le conflit, déclenché le 28 février par Donald Trump et Benjamin Netanyahou, devait être rapidement réglé.

Mais, celui-ci s’est enlisé et a provoqué une flambée des prix de l’énergie, qui ont grimpé jusqu’à près de 90% en avril, notamment avec le blocage du détroit d’Ormuz.

Cette crise a ravivé les craintes inflationnistes et fait chuter les actifs risqués. En Europe, les valeurs les plus exposées à la consommation ont particulièrement souffert, à commencer par le luxe.

Évolution du prix du pétrole (Brent) depuis le début de l’année - Koyfin

Puis, à partir de mai, l’ouverture de pourparlers, suivie d’un accord de paix provisoire entre Washington et Téhéran, a permis de faire refluer les prix du pétrole vers leurs niveaux d’avant-crise. Ce reflux a immédiatement soulagé les marchés, permettant aux grands indices mondiaux de repartir de l’avant.

Pour donner un ordre d’idée de l’ampleur du mouvement, le S&P 500 a progressé de 16,1 % en deux mois, signant sa deuxième meilleure performance sur une telle période depuis 1950. Toutes périodes confondues, il faut remonter à 2020 pour retrouver une hausse aussi rapide.

Ce grand écart entre un début d’année anxiogène et une fin de semestre beaucoup plus euphorique résume assez bien le marché de 2026. Un marché très sensible au moindre choc, mais toujours prompt à repartir rapidement à la hausse.

Le vrai tournant : la fin de l'argent facile

Au-delà de la géopolitique, un changement beaucoup plus structurant pour les marchés : le régime monétaire américain s’est inversé.

En début d’année, le marché tablait sur plusieurs baisses de taux et anticipait une année d'assouplissement tranquille. Six mois plus tard, ce scénario a volé en éclats.

La Fed a maintenu ses taux dans la fourchette de 3,50 % à 3,75 % à chacune de ses réunions du semestre, et une large majorité d'économistes n'attend désormais plus la moindre baisse en 2026. Plus surprenant encore, une partie du marché commence à envisager une hausse d'ici la fin d'année.

Deux forces expliquent ce revirement. D’abord, une inflation toujours tenace, autour de 4,2%, soit plus de deux points au-dessus de l’objectif de 2%. Elle a été alimentée par le choc énergétique, même si la baisse de plus de 40% du prix du baril devrait progressivement commencer à se voir dans les chiffres dès le mois de juin.

Ensuite, il y a eu un changement de capitaine à la FED, Kevin Warsh a succédé à Jerome Powell à la mi-mai. Perçu au départ comme une colombe, il a surpris tout le monde en adoptant d'emblée un ton résolument restrictif, en martelant la priorité donnée à la stabilité des prix et en bousculant les habitudes de communication de l'institution. Cette posture a déçu le gouvernement Trump, qui espérait au contraire une baisse des taux pour soutenir l’économie.

Kevin Warsh, Président de la FED

Pourquoi est-ce si important pour nos portefeuilles ? Parce qu’un environnement de taux durablement plus élevés change profondément la donne. Il pèse mécaniquement sur les valorisations des actifs les plus sensibles aux taux, notamment les valeurs de croissance, dont une grande partie de la valeur repose sur des profits attendus dans le futur. À l’inverse, il redonne de l’attrait aux entreprises capables de générer du cash maintenant.

Intelligence artificielle : l'heure de vérité approche

Impossible d’évoquer 2026 sans revenir sur l’obsession du moment, l’intelligence artificielle.

Commençons par les chiffres, qui donnent le vertige. Les grands hyperscalers, Microsoft, Amazon, Alphabet, Meta et Oracle, devraient investir entre 680 et 760 milliards de dollars en 2026, contre environ 400 milliards l’an dernier.

À lui seul, Microsoft est sur un rythme de plus de 140 milliards de dollars sur son exercice. Meta vise autour de 125 milliards, tandis qu’Amazon et Alphabet devraient chacun investir près de 180 à 200 milliards.

N.B : Pour Amazon, une partie significative des CAPEX n’est pas liée à l’IA.

Pour financer cette course, Morgan Stanley estime que les émissions de dette liées aux infrastructures d'IA pourraient atteindre 570 milliards de dollars cette année, soit un doublement en 12 mois.

Le problème, c’est l’écart immense entre ces dépenses et les revenus qu’elles génèrent réellement. En effet, les revenus directement attribuables à l’IA sont encore estimés entre 80 et 150 milliards de dollars.

Le risque, c’est que le marché commence à s’impatienter si ces montagnes de CAPEX ne se transforment pas plus rapidement en profits. C’est d’ailleurs exactement ce qui a commencé à se manifester en juin. Le mois a été très difficile pour les Magnificent Seven, qui ont effacé près de 2 300 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Microsoft a signé son pire mois depuis décembre 2000, avec une baisse d’environ 17%. Amazon a reculé d’environ 12%, Meta de 11%, Alphabet de 6% et Nvidia de plus de 5%.

Baisse importante au mois de juin (Nvidia, Alphabet, Meta, Amazon, Microsoft)

Faut-il pour autant fuir les Big Tech ?

Nous ne le pensons pas. Cependant, trois enseignements ressortent selon nous.

D’abord, acheter les Magnificent Seven comme un bloc n’est plus vraiment une stratégie. Le marché récompense désormais celles qui prouvent une monétisation tangible de l’IA. À l’inverse, il sanctionne celles qui dépensent massivement sans résultats encore visibles.

Ensuite, une partie de la valeur continue de se déplacer vers les fournisseurs d’infrastructure. L’indice des semi-conducteurs a signé un semestre exceptionnel. L’ETF VanEck Semiconductor a bondi de plus de 70 % en six mois, soit sa meilleure performance semestrielle depuis sa création en 2000. Plus surprenant, Nvidia a sous-performé plusieurs de ses pairs malgré des revenus toujours records.

Le secteur des semi-conducteurs a connu son meilleur trimestre de l'histoire

Enfin, l'écosystème se diversifie. Pour contenir la facture, les géants du cloud développent leurs propres puces (TPU chez Google, Trainium chez Amazon…). Clairement, cette tendance pourrait faire émerger de nouveaux gagnants dans la filière.

Le marché s'élargit : le réveil des « 493 »

C’est sans doute le signal le plus encourageant du semestre. Pendant que les projecteurs restaient braqués sur les grandes stars de la tech, le reste de la cote a commencé à prendre le relais.

En excluant les Magnificent Seven, les 493 autres entreprises du S&P 500 ont vu leurs bénéfices progresser de 17,5% au premier trimestre, portés notamment par le secteur des semi-conducteurs. Cette croissance pourrait même dépasser 20% au deuxième trimestre.

Conséquence directe, l’indice “S&P 493” affiche une hausse de 13,7% depuis le début de l’année. Ainsi, pour la première fois depuis longtemps, la croissance des bénéfices ne vient donc plus seulement des mastodontes de la tech.

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